L'enfant du club - Djibril Sidibé
Histoire03 avril 2025
03 avril 2025
Djibril Sidibé, champion du monde 2018, a vu son parcours professionnel débuter à l’ESTAC, son club formateur. Né à Troyes, il rejoint l’académie du club dès son plus jeune âge et gravit progressivement les échelons. Talentueux et travailleur, il intègre l’équipe première en 2010 alors que l’ESTAC évolue en Ligue 2. Sa montée en puissance contribue à la promotion du club en Ligue 1 en 2012, marquant ainsi le début d’une carrière prometteuse. Dans le cadre de nos célébrations, l’ancien troyen revient sur ses meilleurs souvenirs !
Tu as été formé au club et vécu de belles années ici à Troyes. Que représente pour toi le club ?
C’est une grande fierté d’avoir pu réaliser l’un de mes rêves dans ma ville. Ce club m’a aidé à devenir un homme, à jouer au plus haut niveau. Je suis issu d’une famille modeste et j’avais énormément de valeurs en commun avec ce club et cette ville.
Quels sont les souvenirs que tu gardes de ta formation à l’ESTAC ?
Il y en a beaucoup ! À l’époque, ce n’était pas comme maintenant, c’était moins moderne. Moi je me souviens des tournois, du sandwich merguez, des frites… (rires). On mangeait à la va vite entre deux matchs et on repartait sur les terrains… On a joué contre de nombreuses équipes et parfois on logeait même dans des familles d’accueil après certains déplacements ! Il a y tellement d’aspects que j’ai adoré que c’est difficile d’en ressortir qu’un seul.
Fabrice Nsakala, également formé au club, occupait lui le couloir gauche. On t’a souvent vu célébrer à ses côtés, notamment dans le vestiaire ! Quelle était votre entente sur et en dehors des terrains ?
C’est un ami très proche ! On est toujours en contact d’ailleurs. Les supporters me surnommaient le TGV et lui la mobylette. On prenait toujours le couloir pour apporter du danger offensivement. C’est une personne que j’apprécie énormément. Il a toujours le sourire. Il m’a aidé à me développer et à progresser. C’est quelqu’un qui était très professionnel et qui performe toujours d’ailleurs.
Tu as marqué un seul but avec l’ESTAC, lors d’un derby à Sedan, et tu offres la victoire au club. Est-ce que tu t’en souviens ?
Bien sûr ! On nous avait dit que ce match était particulier et un derby à absolument remporter. Il faisait très froid et le terrain était très glissant. Je me suis retrouvé dans une position offensive et j’ai pris ma chance du gauche ! C’était ma petite arme secrète on va dire car je ne l’utilisais pas souvent (rires). Au centre je travaillais mes frappes du gauche et je me prenais pour Michel Bastos par moments (rires). C’était très émouvant. Je suis parti célébrer avec tout le staff.
Tu es venu célébrer ton titre de champion du monde à Troyes en 2018, sur la place de l’hôtel de ville. Quel souvenir gardes-tu de ce moment ?
J’ai été surpris de recevoir un tel accueil. C’était impressionnant de voir tout ce monde pour nous féliciter. J’avais échangé avec Monsieur Baroin (Maire de Troyes) qui m’avait confié avoir rarement vu une telle foule à Troyes. C’était une dose de bonheur, de partage, de communion. Même mon père s’est pris au jeu, il commençait à signer des autographes à tout le monde (rires).
Le club va célébrer ses 125 ans et les 100 ans du Stade de l’Aube cette année. Tu fais partie de ceux qui ont marqué l’histoire du football troyen. Qu’est-ce que ça fait d’être considéré comme une « légende » par tout un peuple ?
Quand j’étais gamin, je n’avais jamais imaginé tout ça. Au départ, je voulais juste prendre du plaisir et jouer au ballon, puis c’est devenu mon métier. Je suis très reconnaissant de l’ESTAC, là où j’ai grandi. C’est une réelle satisfaction. On a souvent l’habitude d’entendre parler de joueurs qui sont formés dans de grands clubs comme le Paris Saint-Germain ou encore l’Olympique Lyonnais… Moi je suis fier d’être troyen et j’espère qu’il y aura encore d’autres profils qui auront la chance de faire un parcours comme celui que j’ai pu vivre, après leur formation à l’ESTAC !